Petite Chapelle

 

Te serrer dans mes bras, et te le dire…. mais te le dire avec d’autres mots si possible, pour ne rien galvauder,quand bien même seuls les mots originels  viennent  spontanément aux lèvres; sans doute  parce qu’ils sont seuls à expriment   si bien  le message qu’ils portent, depuis toujours et dans toutes les langues du Monde…

 Pouvoir te le dire,  le redire encore et encore jusqu’au vertige. Que l’on me donne des mots qui soient  aussi forts, aussi beaux, aussi vrais, aussi simples, mais qui n’appartiennent qu’à moi, que personne jamais ne te dira que moi !

 Dehors,  les cloches de l’Eglise sonnent à toute volée, d’un son que seul le Dimanche sait leur donner.

En fermant les yeux, je vois des vitraux sublimés par la lumière du jour, aux couleurs envoûtantes, fascinantes, à nulles autres pareilles. Des couleurs qu’on voudrait pouvoir imprimer dans sa rétine, à  tout jamais.

De vénérables bancs aussi, qui craquent un peu;  un léger parfum de myrrhe et d’encens, le coeur d’unepetite chapelle qui incite au recueillement, au beau, au vrai, à la sérénité, à la paix.

Le fantôme d’une robe blanche, immaculée, brodée de promesses au fil éternel, m’effleure un instant puis s’évanouit dans un frou-frou gracieux, aérien…Je souris: combien d’unions ont-elles été célébrées en ce lieu ?

Le silence magique règne ici, laissant l’Homme nu devant lui-même, heureux qu’en ces lieux, il ne soit pas nécessaire de parler pour être entendu. Béatitude ? Cela doit y ressembler…

Ici le temps s’écoule plus lentement, il est comme palpable. Il ne vous dépasse pas, il chemine à vos côtés, compliceet solidaire. Là haut,  Il veille en maître sur la bonne ordonnance de toutes choses … Son regard, figémais vivant, rassure… son sacrifice reste, aux yeux des Hommes, le symbole de la rançon payée en échange de tous les lieux  du Monde où survivent  encore amour, grâce et paix.

 Me montreras-tu, un jour, une petite chapelle que tu aimes bien ? Nous y entrerons lorsqu’elle sera déserte, nous nousy assiérons, main dans la main,  nous écouterons le chant des vitraux, le silence des orgues, les battements de notrecoeur.

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